Sylvie Thénault, historienne spécialiste de la guerre d’indépendance algérienne et de la colonisation en Algérie, et directrice de recherche au CNRS, analyse son mémoire de synthèse des activités scientifiques.

Auteur(s) :
: Thénault, Sylvie

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=12471
mmsh12471

Type :
archives sonores
Sound

Description :
Sylvie Thénault analyse son mémoire de synthèse des activités scientifiques, écrit dans le cadre de l’habilitation à diriger la recherche, qu’elle a soutenue en 2011. Elle explique qu’à comparer du manuscrit original, qui lui a demandé plusieurs années de recherche, elle a peu investi l’égo-histoire. Écrit rapidement, elle avait estimé cet exercice artificiel et négligeable dans l'ensemble du dossier. Pour autant, elle ne considère pas la réflexivité comme dénuée d’intérêt, l’ayant d’ailleurs pratiquée très tôt. Dans le cadre académique ou médiatique, on lui demandait régulièrement d’expliciter les raisons de sa spécialisation sur l’histoire de la colonisation en Algérie et de la guerre d’indépendance algérienne. Si l’écriture était certes moins exigeante qu’un document scientifique, elle ne savait pas comment l’aborder, et 20 pages au plus lui auraient suffi pour raconter son parcours. Se servant de ses rapports d’activités de chercheur du CNRS, elle a montré les jalonnements de son itinéraire d’historienne, notamment le passage de ses travaux, de la guerre d’indépendance à la période coloniale, et du déplacement d’une histoire de France à une histoire de l’Algérie. Elle a voulu soulever des réserves indirectes sur le fonctionnement institutionnel, mais le jury ne l’a pas interpellé là-dessus. Elle y a reproché l’élitisme dans sa discipline, a contesté l’idée répandue que l’opinion politique du chercheur menace son objectivité, alors que le biais institutionnel, par les financements et les concours, influe également sur les choix des thèmes de recherche, et l’historiographie. Elle s’insurge ainsi encore aujourd’hui contre les injonctions à l’international, tourné avant tout vers les anglo-saxons ou l’Europe. En effet, on lui a reproché de ne pas avoir écrit d’article en anglais, alors que certains avait été traduits dans d’autres langues. Aujourd’hui, comme hier, elle ne se reconnaît pas dans la définition de “femme intrépide”, expliquant d’une part avoir bénéficié de conditions favorables pour finir sa thèse, contrairement à certaines de ces collègues et ce grâce à un contrat doctoral obtenu après l’agrégation. De plus, le fait de travailler sur la guerre d’indépendance et la décolonisation de l’Algérie n’était pas téméraire, car le sujet dans les années 1990 n’était pas “brûlant”, la question de la torture dans les débats publics n’étant apparue qu’après les révélations du Général Aussares, moment où elle a été alors sollicitée par les médias. Certes, elle ne pouvait se rendre en Algérie durant sa thèse, mais les archives constituées par l'administration coloniale étaient accessibles, et elle a pu également appuyer ses travaux sur d’autres sources. Dans cette séance, elle évoque certains éléments personnels passés sous silence dans son égo-histoire, une intimité qu’elle ne souhaitait pas étaler devant un jury, mais qui explicite une partie de son travail, notamment par rapport à sa connaissance du Maghreb. Elle regrette par contre de ne pas avoir évoqué cette question des archives, ou encore d’avoir omis de développer la question du refoulement, du traumatisme et de la résurgence de la mémoire de la guerre d’Algérie lors de sa soutenance. En conclusion, elle s’est concentrée sur l’ouvrage inédit pour son habilitation à diriger la recherche, le mémoire de synthèse des activités scientifiques étant mal défini, la laissant au final perplexe devant cet exercice, et difficile à évaluer.

Sujet(s) :
congrès
parole publique
témoignage thématique
parcours d'historien
parcours intellectuel
parcours scientifique
Habilitation à Diriger des Recherches (HDR)
écriture de soi
histoire
historiographie
mémoire de synthèse des travaux scientifiques
démarche réflexive
colonisation
lycée
antiracisme
écriture
archives
sources du chercheur
origine sociale
politique scientifique
institution scientifique
médiation scientifique
genre sexuel
média
Daeninckx, Didier (1949-....)
Audin, Pierre (1957-....)
Audin, Maurice
Baruch, Marc-Olivier
Scott, James C. (1936-....)
Einaudi, Jean-Luc (1951-2014)
Becker, Jean-Jacques
Aussaresses, Paul (1918-2013)
Ageron, Charles-Robert (1923-2008)
Stora, Benjamin (1950-....)
Levy, Jacques (1952-....)
Lévy, René (1952-....)
Frémeaux, Jacques (1949-....)
Branche, Raphaëlle (1972-....)
CNRS
IHTP
Centre d'histoire sociale du XXe siècle (Paris)
guerre d'indépendance algérienne
colonisation de l'Algérie
17 octobre 1961
années 1980
années 1990

Date :
2015-02-13

Format :
44.1kHz, 16 bits
1h 21min

Langue :
fre

Couverture :
Institut d'Histoire du Temps Présent (Paris)

Droits :
en cours

Relation(s) :
Séances enregistrées du séminaire «L’écriture de soi des historiens».
Entretiens enregistrés dans le cadre de l'ANR Histinéraires

Type :
archives sonores
Sound

Source :
5279

Citation

: Thénault, Sylvie, “Sylvie Thénault, historienne spécialiste de la guerre d’indépendance algérienne et de la colonisation en Algérie, et directrice de recherche au CNRS, analyse son mémoire de synthèse des activités scientifiques.,” Portail du patrimoine oral, consulté le 3 avril 2020, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/121421.