Un couple français dont la femme a des origines libanaises, débat de la présence française à Beyrouth (Liban)

Auteur(s) :
enquêteur : Métral, Jean
enquêteur : Métral, Françoise
informateur : Prost-Tournier, Mireille
informateur : Prost-Tournier, Jean-Marc

Editeur :
Phonothèque de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=11554
mmsh11554

Type :
archives sonores
Sound

Description :
L'informateur parle anglais mais ne maîtrise pas l’arabe, contrairement à son épouse qui arrive un peu à s’exprimer en arabe.
Le couple est français mais les époux possèdent des origines culturelles différentes. L’homme est né en 1943, a grandi et a fait la plus grande partie de ses études en France : Hypokhâgne et Khâgne à Lyon, suivi d’une double licence d’histoire-géographie. Intéressé par les cultures du Moyen-Orient, il a ensuite réalisé un Diplôme d’Études Approfondies à Damas (Syrie) et en 1966 il a passé l’agrégation à la suite de laquelle il est parti vivre en Éthiopie en tant que coopérant militaire, et enfin à Beyrouth dès 1969 en tant que civil. Son épouse est née en 1945, elle est d’origine libanaise et possède la nationalité française. Elle a grandi jusqu’à l’âge de 9 ans au Cameroun puis est partie en France pour faire ses études. Elle a effectué de fréquents séjours en Afrique jusqu’en 1955 avant de rejoindre le Liban où elle a étudié une licence d’histoire à Beyrouth. Elle est revenue parce que ses parents ne voulaient pas la laisser en France ni la ramener en Afrique. L’épouse est au moment de l’enregistrement, mère au foyer et c’est donc l’homme qui parle de son expérience professionnelle à la Mission laïque française. Interrogé sur son installation à Beyrouth, il l’estime avoir été facile parce qu’il avait déjà des contacts et parce qu’il était célibataire. Les revenus sont à ses yeux, la seule difficulté qui pourrait se poser dans la vie à Beyrouth. A présent, les époux vivent ensemble depuis la naissance de leur première fille, ce qui représente pour eux des dépenses plus importantes qu’auparavant. L’homme est en contrat avec la Mission laïque, employé par le Ministère des affaires étrangères. La famille rentre en France tous les ans, pendant 3 mois et rend visite aux membres de la famille de son époux (ses amis étant surtout éthiopiens). Au Liban, leur niveau de vie est confortable, ils sont assistés dans les tâches quotidiennes par des bonnes et font des voyages dans le Moyen-Orient. L’entretien porte ensuite sur les fréquentations du couple et, de manière générale, ce sont deux points de vues différents qui se confrontent : celui du corps enseignant et celui de la communauté libanaise. L’informateur aborde ses diverses fréquentations sociales, limitées par son appartenance au corps enseignant et ce qu’il désigne être dû à son “insociabilité”. Pour lui, les enseignants français ne fréquentent qu’un milieu libanais restreint et les Français n’ouvrent pas leurs contacts car ils n’en ont pas besoin. Pour elle, les expatriés français s’adaptent au contexte socio-culturel libanais, sans en prendre les avantages mais seulement en se les “appropriant”. Elle affirme que les relations entre les enseignants et leurs étudiants ne peuvent pas être menées en dehors de la classe. Elle explique que le retrait des enseignants libanais est dû au fait qu’ils ne voient pas la nécessité d’un enseignement fait par des expatriés français. Les compétences des enseignants libanais sont discutées mais la femme insiste sur la difficulté de les juger sans les connaître personnellement. Pour elle, être intellectuel au Liban ne veut rien dire, le plus important étant les revenus économiques. Elle s’appuie sur l’exemple de sa cousine afin de démontrer qu’il faut être issue d’une famille fortunée afin de se marier avec un homme ayant un bon métier. Le débat s’enflamme. L’entretien s’achève par une discussion autour de l’importance de l’anglais au Liban et l’informateur s’exprime finalement sur la représentation qu’il se fait de son rôle d’enseignant.

Sujet(s) :
enquête
témoignage thématique
communauté libanaise
condition de vie
conflit social
relation vie privée-vie professionnelle
relation enseignant-élève
personnel enseignant
insertion sociale et professionnelle
bilinguisme
mariage mixte
Mission Laïque Française

Date :
1975-01

Format :
1 bde
1h 40min

Langue :
français
fre

Couverture :
Beyrouth
N33°53'20''
E35°29'39''

Droits :
Contrat signé avec la dépositaire. Recherche des ayants droit en cours.
Consultable sur autorisation

Relation(s) :
Les français au Liban depuis 1945, une minorité allogène

Type :
archives sonores
Sound

Source :
4358

Citation

enquêteur : Métral, Jean et al., “Un couple français dont la femme a des origines libanaises, débat de la présence française à Beyrouth (Liban),” Portail du patrimoine oral, consulté le 29 mars 2020, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/121444.