Souvenirs de la vie dans un village cévenol et de la vie d'écolier par un habitant de Sainte-Croix-Vallée-Française

Auteur(s) :
enquêteur : Normand, Sabine
informateur : 0736
commanditaire : SIVOM des Hauts Gardons

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=9613
mmsh9613

Type :
archives sonores
sound

Description :
L’informateur parle volontiers en occitan à l’enquêtrice qui comprend la langue mais lui pose les questions parfois en français, parfois en occitan. Les premières phrases sont en français, qu’il reprend parfois mais la quasi totalité de l’entretien se fait en occitan. Il donne en langue occitane le nom de chaque pièce de la maison, les unités de mesures utilisées en Cévennes pour les foires, le nom des petits métiers et des commerces, insiste sur quelques mots comme la biassa (sac de toile) ou le paillasson (pour poser la pâte du pain ou la tourte.). Il différencie les différentes cloches (l’esquilla pour la chèvre, les sonnailles pour les vaches) et signale le matap en os pour faire un bruit spécial dans la cloche pour moutons.
L’enquêtrice a déjà rencontré l’informateur et lui pose une série de questions, parfois allusives à la précédente rencontre qui n’a pas été enregistrée, sur des thèmes très différents de la vie au village. L’enregistrement est parfois haché (coupures du magnétophone) en fonction de la discussion et des reformulations demandées. Il semble que l’informateur tourne parfois des pages d’un cahier ou d’un livre qu’il utilise en soutien sur certains sujets. Au début de l’entretien, l’informateur décrit sa maison familiale et son organisation, sa circulation. Il reviendra ensuite sur la construction des maisons et en particulier, dans l’ancien temps, les “endruna” pour tromper ceux qui pouvaient espionner les entrées et les sorties des habitants. Il parle longuement des trois porteurs qui parcouraient la commune. Il y avait de nombreuses foires, Sainte-Croix pour le marché aux bestiaux et la fête votive de juillet. Les restaurants proposaient un repas constitué de soupe de pâtes, de daube, de haricots secs qui se cultivaient dans la vallée, de fromage, du café. Le portage était principalement humain, il y avait peu d’ânes ou de chevaux. Bien sûr, une bonne ferme avait un cheval mais ce n’était pas courant. Le repas du 14 juillet se faisait à tour de rôle dans les restaurants du village qui préparaient des banquets pour 40 à 60 personnes. Il évoque ses souvenirs d’école avec plaisir. Il se souvient que certains enfants faisaient 3 km pour arriver à l’école mais que lui était privilégié puisqu’il habitait le village. Il explique avoir gardé tout le temps le même maître et que celui-ci était aussi secrétaire de mairie. En fait, en tant que secrétaire, en dehors des mariages il y avait peu de choses à faire. L’informateur se souvient qu’à partir de 17h il faisait sombre et qu’ils faisaient les leçons près de la fenêtre pour bénéficier des derniers rayons du soleil. Le maître leur faisait ramasser les marrons d’inde pour chauffer le poële de la classe, balayer, arroser les plantes et l’informateur se souvient qu’il était un peu brutal. Il se rappelle des objets insolites dans la classe comme un oeuf d’autruche, une soucoupe pour faire germer des graines ou une bouteille d’acide chlorhydrique. Le 1er dimanche après le 14 juillet, il y avait la « vota », la fête votive à l’occasion de laquelle le village se regroupait pour la retraite aux flambeaux. Celui qui avait eu le certificat d’étude cette année là portait le flambeau pour un tour de ville accompagné de la musique de la vote jouée par une trompette et un tambour. La fougasse passait dans les maisons le samedi et l’informateur a connu des gens qui mettaient une chemise blanche pour ce tour et dansaient avec ardeur. Le dimanche, c’était le bal au village où montaient des musiciens (qui étaient peu nombreux dans la région). Il se souvient d’un accordéoniste d’Anduze qui portait un chapeau à la manière de Maurice Chevalier. Il parle beaucoup du village et de ses habitants. Il énumère les différents magasins et les métiers : l’épicerie qui avait pour nom “La ruche des Cévennes”, un café ambulant en charrette à cheval, trois cafés et deux restaurants, un cordonnier, un barbier, une modiste, une couturière, un boulanger, un quincaillier qui fabriquait les clochettes pour les chèvres, un marchand de vaisselle, un médecin... L’enquêtrice lui fait répéter une histoire du village sur “les quatre croix de Sainte-Croix” puis, à propos de son métier de cantonnier, des explications sur la fabrication de la route avec les galets de la rivière. Il termine par la localisation dans le village d’une source où était bâtie une fontaine avec une gorgone qui a disparue aujourd’hui.

Sujet(s) :
enquête
témoignage thématique
récit de vie
animal sauvage
économie rurale
légume sec
condition de vie
bal
musicien traditionnel
facteur
toponymie
mémoire familiale
diligence
colporteur
retraite aux flambeaux
café
savon
commerce ambulant
four à pain
relation catholique-protestant
légendaire historique
foire
fête votive
déplacement à pied
portage humain
commensalité
repas de fête
tracé de route
source
jeu de mots
unité de mesure
certificat d'étude
années 1930
années 1940
guerre de cent ans
farandole
La Marseillaise
L'Internationale

Date :
1998-11-13

Format :
1 cass.
1h 2min

Langue :
français
occitan
fre

Couverture :
Sainte-Croix-Vallée-Française
44°10'48.67''N
3°44'26.89''E

Droits :
Contrat de dépôt signé avec l’enquêteur Sabine Normand spécifiant les droits de conservation, d'archivage et de d’utilisation.
Consultation en ligne et réutilisation sur autorisation

Relation(s) :
Mémoire orale de la vie quotidienne des paysans cévenols avant 1940

Type :
archives sonores
sound

Source :
3463

Citation

enquêteur : Normand, Sabine, informateur : 0736, et commanditaire : SIVOM des Hauts Gardons, “Souvenirs de la vie dans un village cévenol et de la vie d'écolier par un habitant de Sainte-Croix-Vallée-Française,” Portail du patrimoine oral, consulté le 19 octobre 2021, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/119339.