Michelle Zancarini-Fournel, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Claude Bernard-Lyon-I, spécialiste de l’histoire des femmes et du genre, se livre à une réflexion sur l’écriture de soi.

Auteur(s) :
interv. : Zancarini-Fournel, Michelle
interv. : Delacroix, Christian
interv. : Multiple

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=12473
mmsh12473

Type :
archives sonores
Sound

Description :
L'historienne Michelle Zancarini-Fournel est professeure émérite d'histoire contemporaine à l’université Claude Bernard-Lyon-I, spécialiste de l’histoire des femmes et du genre, membre du comité de rédaction de la revue CLIO “Femmes, Genre, Histoire”. A l’occasion de ce séminaire, elle se livre à une réflexion sur l’écriture de soi. Elle revient sur les éléments attendus du dossier dans l’HDR par le CNU : un recueil non négligeable d’articles, un nouveau manuscrit original et une “égo-histoire” (terme qu’elle interprète ainsi) d’une centaine de pages. Elle a soutenu son habilitation en juin 1999 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec Pascal Ory, comme introducteur, le terme de “garant” n’étant pas encore employé. C’est d'après les recommandations de l’historienne Michelle Perrot qu’elle se tourne vers ce dernier, car à l’époque, c’était un des rares historiens français favorable à l’histoire des femmes. Elle s’est donc pliée à l’ego-histoire pour son habilitation, mais raconte qu’elle l’a écrit avec difficulté car peu encline à s’exprimer sur ses travaux à la première personne. Elle compare le mémoire de synthèse des activités scientifiques à une présentation de conférence qu’elle a fait plus récemment dans le cadre du cycle "Quarante ans de recherche sur les femmes, le sexe et le genre" à l’Institut Émilie du Châtelet. Elle explique ainsi s’être présentée plus librement, à l’inverse du cadre institutionnel de l’habilitation à diriger les recherches. En effet, elle n’avait pas livré d’éléments personnels dans son ego-histoire par résistance, estimant que cela relevait du privé et de l’intime. Elle l’a d’ailleurs stipulé dans l’introduction de son habilitation, notant que ce récit n’était pas le genre requis pour un tel exercice. Elle a simplement explicité son parcours par les évolutions de ses centres d’intérêts scientifiques : la scolarisation des filles, l’histoire de la maternité, les carrières féminines, les politiques publiques et les groupes politiques féminins des années 1968… Elle y a évoqué et revient encore aujourd’hui sur les rencontres et les dettes intellectuelles (Madeleine Rebérioux, Joan Wallach Scott), son réseau, les travaux collectifs, sa thèse conjointe avec Mathilde Dubesset, la co-direction de la revue CLIO de 1995 à 2010 avec Françoise Thébaud, et ses collaborations à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) avec Robert Franck. L’historienne explique ainsi que durant toutes ces périodes les recherches collectives et individuelles se sont nourries réciproquement. Elle s'intéresse ensuite à l’influence de l’égo-histoire sur l’écriture de l’histoire et à l’évitement des subjectivités, au “je” dans l’histoire, puis des normes méthodiques françaises définies selon l’impératif de l’objectivité. Elle évoque l’usage des sources orales et le travail de l’histoire orale, notamment celui de Luisa Passerini sur les années 68. C’est à la suite de cette rencontre que Michelle Zancarini-Fournel décide d’étudier le mouvement social des années 68 (période 1961-1981), mais elle choisit de s’appuyer sur des sources écrites, plutôt qu’orales, afin de dompter sa subjectivité. En conclusion, elle considère que ses choix d’études sur l’histoire sociale des contestations dans les terrains provinciaux, et la tension qu’elle a porté aux écrits, aux actes et acteurs du milieu populaire, constituent en soi un faisceau de preuves indiquant en filigrane sa posture personnelle, et participent en fin de compte à l’écriture de soi.

Sujet(s) :
congrès
parole publique
témoignage thématique
parcours d'historien
parcours intellectuel
parcours scientifique
Habilitation à Diriger des Recherches (HDR)
écriture de soi
histoire
historiographie
mémoire de synthèse des travaux scientifiques
histoire des femmes et du genre
anthropologie historique
histoire sociale
socialisme
communauté ouvrière
sources du chercheur
source écrite
source orale
subjectivité du chercheur
objectivité du chercheur
travail collectif
travail individuel
Université Panthéon-Sorbonne
guerre de 1914-1918
mai 1968
période contemporaine

Date :
2014-02-14

Format :
44.1kHz, 16 bits
1h 01min

Langue :
fre

Couverture :
Institut d'Histoire du Temps Présent (Paris)

Droits :
en cours

Relation(s) :
Séances enregistrées du séminaire «L’écriture de soi des historiens».
Entretiens enregistrés dans le cadre de l'ANR Histinéraires

Type :
archives sonores
Sound

Source :
5267

Citation

interv. : Zancarini-Fournel, Michelle, interv. : Delacroix, Christian, et interv. : Multiple, “Michelle Zancarini-Fournel, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Claude Bernard-Lyon-I, spécialiste de l’histoire des femmes et du genre, se livre à une réflexion sur l’écriture de soi.,” Portail du patrimoine oral, consulté le 3 avril 2020, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/121457.