Un journaliste professionnel français de la dernière antenne de l’Office de radiodiffusion-télévision Française (ORTF) établie à Beyrouth (Liban) en 1975, parle de la censure exercée en particulier par l’Agence nationale d'information libanaise

Auteur(s) :
enquêteur : Métral, Françoise
informateur : le Tac (M.)
informateur : le Tac (Mme)

Editeur :
Phonothèque de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=11695
mmsh11695

Type :
archives sonores
Sound

Description :
L’informateur ne parle pas arabe mais il signale parler anglais
L’entretien se déroule avec un couple (de 26 et 27 ans) mais c’est essentiellement l’homme qui prend la parole afin de s’exprimer au sujet de son travail de journaliste. L’homme n’a pas fait d’études supérieures et il est rentré tout de suite après son service militaire à l’Office de Radiodiffusion Télévision Française (ORTF), en réalisant un stage à l’Institut Français d’Opinion Publique, conjointement à France Inter. Parti 3 ans plus tard en Guadeloupe où il s’est marié en 1974, l’informateur revient fréquemment, pendant l’entretien, sur cette première expérience professionnelle de journaliste reporter ainsi que de présentateur du journal télévisé. Leur arrivée à Beyrouth, il y a maintenant 17 ans, se doit en particulier à la convivialité de la communauté libanaise que le couple a connu en Guadeloupe. L’homme ayant retrouvé un vieil ami d’enfance, par hasard, l’installation du couple a été plus facile qu’elle n’aurait dû l’être. Si les époux ne se sont jamais sentis dépaysés au Liban, leurs loisirs sont essentiellement tournés vers leurs fréquentations sociales, aussi bien avec des Français qu’avec des Libanais. La femme, enceinte, a dû arrêter de travailler. Revenant sur son travail, l’homme dit être déçu par les conditions de censures qui l’empêchent d’après lui, de faire un travail de qualité dans un pays où il se produit visiblement “des choses”. Tout ce qui concerne le Liban ne pouvant être diffusé qu’après avis et censure de l’Agence nationale d’information libanaise.L’ORTF n'a pas fermé pas définitivement ses portes et conserve son antenne à Beyrouth, probablement pour des motifs économiques selon le journaliste. En contrepartie, l’ORTF souhaite libaniser l’antenne afin de prolonger son existence. Refermée sur elle-même contre son gré, l’ORTF a peu de liens avec l’Ambassade de France à Beyrouth (l’arrivée au Liban de personnalités françaises telle que le démographe et économiste Alfred Sauvy, est rarement annoncée). Les seuls contacts avec les autres journalistes sont plus amicaux que professionnels (journalistes de l’Agence France Presse, de Reuters, etc), si ce n’est avec les journalistes palestiniens dont les relations sont déconseillées. Le journaliste français considère que les Libanais pourraient le remplacer et il ne pense pas que les professionnels français puissent proposer des compétences particulières. Malgré l’usage répandu du français au Liban, il reconnaît que le français est insuffisant pour parler des affaires d’Etat libanaises. L’informateur explique les difficultés de l’ORTF à commenter de nombreux faits divers touchant le Liban (la pénurie de sucre, la maladie de Brejnev, l’attentat d’Orly, les bombardements sur Sabra etc.) et critique le fait que l’antenne ORTF ne soit utilisée que comme un instrument de propagande. Vers la fin de l’entretien, l’informateur évoque ses voyages en couple au Moyen-Orient ainsi que sa déception à l’égard du Liban dont le paysage manque selon lui d’authenticité et reste sale. Il conseille aux chercheurs de prendre contact avec un correspondant de France Inter qui connaît bien mieux le Liban que lui en raison de sa plus grande liberté professionnelle. Et de nouveau, en fin d'entretien, il revient sur la pression exercée par le gouvernement libanais sur l’antenne ORTF.

Sujet(s) :
enquête
témoignage thématique
censure
propagande
expatriation
condition de travail
journaliste
circulation de l'information
télévision
communauté française
Agence nationale d'information libanaise
France Inter
Institut français d'opinion publique
ORTF
Université Américaine de Beyrouth
Les Coulisses de l'exploit
L'Orient-Le jour

Date :
1975-01

Format :
1 bde
1h 25min

Langue :
français
fre

Couverture :
Beyrouth
N33°53'20''
E35°29'39''

Droits :
Contrat signé avec la dépositaire. Recherche des ayants droit en cours.
Consultable sur autorisation

Relation(s) :
Les français au Liban depuis 1945, une minorité allogène

Type :
archives sonores
Sound

Source :
4365

Citation

enquêteur : Métral, Françoise, informateur : le Tac (M.), et informateur : le Tac (Mme), “Un journaliste professionnel français de la dernière antenne de l’Office de radiodiffusion-télévision Française (ORTF) établie à Beyrouth (Liban) en 1975, parle de la censure exercée en particulier par l’Agence nationale d'information libanaise,” Portail du patrimoine oral, consulté le 29 mars 2020, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/121451.