Une mère de famille juive raconte à sa petite fille leur fuite en Espagne durant les persécutions de la seconde guerre mondiale

Auteur(s) :
enquêteur : Ménard, (Madame)
informateur : 1231

Editeur :
Phonothèque MMSH

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=10751
mmsh10751

Type :
archives sonores
sound

Description :
L’informatrice, née en 1903 à Paris est de confession juive. Elle accepte avec difficulté de revenir sur la période difficile de la seconde guerre mondiale, durant laquelle sa famille a dû fuir les persécutions. On sent une complicité avec l’enquêtrice, sa petite-fille, qui lorsque le souvenir devient trop pénible, essaie de faire diversion et adopte un ton léger. Elle évoque souvent “Poto”, son grand-père décédé. L’informatrice précise ne pas se souvenir de la déclaration de guerre, mais plutôt de cette impression de danger imminent. En 1940, sa fille est déportée en tant que Résistante, alors qu’elle avait 20 ans. Elle va être enfermée un an et demi dans une usine pour des travaux forcés. Sa fille n’évoquera jamais cet épisode dont elle garde des séquelles physiques. Jusqu’en 1942, la famille habite Marseille, rue Michelet, où les bombardement sont fréquents. Durant la guerre, les enfants se font baptiser catholique, par obligation. Puis ils s’installent à Saint-Antonin dans les Alpes-Maritimes où ils sont cachés par une famille protestante, mais finissent par être chassés par des rafles. Ils passent par Grenoble et Biarritz, et quittent clandestinement la France pour l’Espagne avec des faux papiers. A la frontière ils se cachent sous des caisses de bière pour ne pas se faire repérer. Ils restent alors en Espagne jusqu’à la fin de la guerre, sauf le fils aîné, alors âgé de 19 ans qui s’engage dans l’aviation en Afrique-du-Nord. A Marseille, ils retrouvent leur maison pillée en partie par les Allemands et tombent plus tard des tableaux de famille à la salle des ventes de Marseille. Durant la guerre, son frère est déporté et ne revient jamais des camps, de même que les deux fils de sa tante à Nîmes : ils n'apprennent que plus tard la réalité des camps de la mort et des fours crématoires. Encore aujourd’hui ces évènements la rendent vindicative.

Sujet(s) :
enquête
récit de vie
souvenir d'enfance
antisémitisme
déportation
persécution religieuse
relation enquêteur-enquêté
bombardement
Pétain, Philippe
De Gaulle, Charles
Roosevelt, Franklin Delano
Laval, Pierre
Churchill, Winston
guerre de 1939-1945

Date :
Année universitaire 1982-1983

Format :
1 cass.
60 min

Langue :
français
fre

Couverture :
s.l.

Droits :
Contrats d'utilisation signés avec les responsables du programme universitaire.
Pour cet entretien, seul extrait peut-être écouté en ligne. La consultation de l'enquête dans son intégrité se fait sur place, à la phonothèque de la MMSH (Aix-en-Provence), sur demande motivée.
Document en ligne et réutilisation non commerciale autorisée

Relation(s) :
Celles qui n'ont pas écrit

Type :
archives sonores
sound

Source :
4751

Citation

enquêteur : Ménard, (Madame) et informateur : 1231, “Une mère de famille juive raconte à sa petite fille leur fuite en Espagne durant les persécutions de la seconde guerre mondiale,” Portail du patrimoine oral, consulté le 21 mai 2022, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/118464.