Deux sœurs, issues d'une famille de réfugiés sur l'île de Syros, évoquent les récits de leur père Joseph Général qui a vécu l'incendie de Smyrne à l’âge de 27 ans

Auteur(s) :
informateur : Général, Eléonore
informateur : Général, Antoinette
enquêteur : Stathatou, Katilena
informateur : Manolas, Evangelos-Kostandinos

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=10895
mmsh10895

Type :
archives sonores
sound

Description :
Les noms des lieux sont parfois donnés en langue turque.
Les deux sœurs, Antoinette et Éléonore, nées à Ermoúpoli, font le récit de l’histoire de leur père, Joseph Général qui vivait à Smyrne et a survécu à la Grande catastrophe d’Asie-Mineure. Antoinette est née en 1928, et travaillait dans un service d’électrification et sa sœur Éléonore, née en 1931 était vendeuse. Leur grand-père paternel était français et travaillait dans les chemins de fer en France. Leur père Joseph est né à Marseille, en 1895 où il a poursuivi ses études jusqu’au collège. Il s’est ensuite installé à Smyrne, dans le quartier de Burnova, où il a travaillé comme électricien. Les sœurs savent que Joseph avait au moins deux sœurs : Anna et Eugenia. Joseph a connu sa femme à Smyrne : elle avait grandi dans le district de Kordelio, dans la province de Smyrne et ils se sont mariés en février 1922. Ils ont laissé à leurs filles le souvenir d’une famille soudée, qui entretenaient de bons rapports avec les Turcs. Les sœurs Général font ressurgir les jours de la catastrophe à travers les récits de leur père. Il régnait alors une atmosphère de peur et d’agitation : tout le bord de mer était à feu et à sang. Les soldats de l’armée turque tuaient tous ceux qui tentaient d’embarquer sur les bateaux. C’est un Italien qui travaillait avec Joseph qui les aida à s’échapper sur un bateau. Avec lui se trouvaient la mère de la femme de Joseph et ses deux sœurs Anna et Eugenia. La famille choisit de se réfugier à Syros, car ils avaient de riches parents du côté maternel et ils comptaient sur leur aide. Malheureusement, ceux-ci n’étaient pas disposés à les aider, ils les firent travailler comme des domestiques, considérant leur pauvreté comme humiliante. La première année fut très difficile pour Joseph, car il ne trouvait pas de travail. Ils étaient regardés d’un œil suspicieux, traités de “fils de turc” par les habitants de l’île. Quand enfin, Joseph réussit à trouver du travail comme électricien, son salaire ajouté à la compensation donnée par l’État grec aux réfugiés permit à la famille de construire une maison dans le quartier de Saint-Nicolas à Ermoúpoli. Les sœurs Général décrivent l’île de Syros des années 1930-1940 comme un endroit merveilleux, surpassant les autres îles des Cyclades grâce à son développement économique et la fréquentation de son port. L’influence européenne touchait tous les domaines : depuis la mode vestimentaire - les hommes ne portaient pas la culotte traditionnelle, mais des pantalons - jusqu’à la musique ou encore le théâtre. Au théâtre “Apollon” se donnaient de nombreuses pièces et opéras d’auteurs étrangers. Durant l’Occupation allemande la famille s’appauvrit et souffrit de la faim. Les sœurs Général se souviennent d’un plat d’orties qui avaient été bouillies à l’eau de mer pour compenser la pénurie de sel. Elles reviennent sur les différents membres de leur famille : leur frère Antonis et leurs deux sœurs, Yvoni et Katina, morte jeune. Leur mère est décédée à 58 ans d’un accident vasculaire, leur père Joseph en 1984 à l’âge de 89 ans. Il était partisan de Venizélos puis est devenu démocrate. À cette époque, selon elles, la distinction politique entre gauche et droite n’existait pas. Au cours de l’entretien, intervient également Evangelos Konstantinou Manolas, l’époux d’Antoinette, né le 25 mars 1923, à Naxos, de parents originaires d’Asie-Mineure habitant la ville de Vourlà, à côté de Smyrne. Son père est parti de Naxos, où il avait fait sa scolarité, pour aller à Smyrne. Mais pendant la Guerre des 30 jours, en 1898, il est retourné se battre en Grèce. Après les combats, il a trouvé du travail à Athènes comme comptable dans une usine, rue Patision.

Sujet(s) :
enquête
récit de vie
transmission familiale
abandon de terre
communauté grecque
réfugié
communauté turque
relation familiale
relation intercommunautaire
opéra
théâtre
cheminot
intégration culturelle
évolution des pratiques culturelles
évolution du vêtement
Venizélos, Elefthérios (1864-1936)
Incendie de Smyrne
1922
guerre de 1939-1945
guerre gréco-turque de 1897
Occupation allemande de la Grèce

Date :
2001-08-07

Format :
1 cass.
27min

Langue :
grec
gre

Couverture :
Ermoúpoli
37.44227
24.94248

Droits :
Contrat d'autorisation d'utilisation et de diffusion signé entre l'informateur et les archives historiques des Cyclades en juillet 2013.
Document en ligne et réutilisation non commerciale autorisée

Relation(s) :
Réfugiés d'Asie-Mineure sur l'île de Syros en 1922

Type :
archives sonores
sound

Source :
4444

Citation

informateur : Général, Eléonore et al., “Deux sœurs, issues d'une famille de réfugiés sur l'île de Syros, évoquent les récits de leur père Joseph Général qui a vécu l'incendie de Smyrne à l’âge de 27 ans,” Portail du patrimoine oral, consulté le 23 mai 2022, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/118074.