Témoignage de l'épouse d'un ouvrier des Forges et chantiers navals de La Seyne-sur-Mer d'origine italienne née dans les années 1930, au sujet de leur arrivée à La Seyne-sur-Mer, leur condition d'ouvriers et l'activité aux Chantiers navals

Auteur(s) :
enquêteur : Gomis, Marcia
informateur : Rinaldi, Lucia
commanditaire : Histoire et patrimoine seynois

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=9604
mmsh9604

Type :
archives sonores
sound

Description :
L'informatrice, d'origine italienne, née le 28 juillet 1937, est l'épouse d'un employé des Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer. Venus de Lorraine avec leurs deux enfants en 1971 pour rejoindre la soeur de l'informatrice, le couple anticipe la vague de licenciements dus à la fermeture des mines. Petite, elle connait la dure vie (baraques de fortune, petit poêle à bois pour une température extérieure très basse, planches en guise de meuble). Une très grande solidarité règne entre les communautés polonaises, italiennes, puis maghrébines. Les femmes accouchent à la maison et les médecins appartiennent à la mine. Il y a une très grande mortalité chez les ouvriers et les enfants. Ainsi, l'informatrice n'a plus que deux frères et soeurs sur douze. Ses parents ne parlaient pas le français, ils vivaient dans la peur de l'expulsion, maltraités par les plus aisés. Cette peur lui a été transmise. Elle n'a pas fait d'étude suivant les conseils de son institutrice et pour des raisons financières familiales. Cependant, les échanges culturels sont très riches en Lorraine. Le couple retrouve à La Seyne-sur-Mer ce qui était en train de disparaitre en Lorraine. Ils veulent rester. Son mari tourneur, né en France, d'origine italienne, y est accepté en tant qu'ouvrier qualifié. Sa carrière est celle d'un apprenti, jeune (niveau certificat d'étude), puis chaudronnier, puis tourneur et enfin, chef d'équipe aux Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer vers la fin. Ils retrouvent l'engagement syndicaliste, des repères, un comité d'entreprise fort et actif, une confrérie, une ambiance de fêtes (Janas). La soeur de l'informatrice leur offre un premier logement à Saint-Jean en immeuble. L'informatrice et son époux achètent un terrain avec sa sœur et font construire une maison. Les Chantiers navals étaient les poumons de la ville de La Seyne-sur-Mer : c'était vivant, un marché dynamique, tout le monde se connaissait. Elle travaillait au centre Leclerc, à proximité du Messidor où il y avait de nombreux ouvriers des Chantiers. Ils manifestaient en famille. Les lancements de bateaux étaient une fête extraordinaire : les bateaux sur les cales qu'on enlevait, les officiels, la foule, la liesse générale, comme si chacun avait participé. Toutefois, chaque acquis social était le fruit d'une lutte féroce. Son mari était engagé politiquement et syndicalement. Même en tant que chef d'équipe, il participe aux grèves. Au début la menace de fermeture n'était pas prise au sérieux. Pourtant, son mari s'oppose à ce que leur fils ainé entre aux Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer, il fallait qu'il fasse des études pour sortir de sa condition. Ils financent donc les études de leurs deux enfants en les envoyant à l'université. Pour elle, comme pour son mari, la culture était essentielle. Avec les Chantiers, ils ont des facilités et les salaires évoluent en fonction du coût de la vie. Le mari de l'informatrice fait parfois des heures supplémentaires. Grâce au salaire des Chantiers navals, ils ont la possibilité de financer le permis de conduire des enfants, leurs études ainsi que la maison qu'ils construisent. Le couple avait une vie professionnelle et familiale chargée et ils faisaient également beaucoup d'activité sportive, comme le vélo, et ils participaient aux réunions syndicales et du parti. Ils partaient en vacances à la neige une semaine, grâce à un logement proposé par les Chantiers navals accessible pour les foyers modestes. Les Chantiers participaient aux vacances des enfants et à leurs sorties. Leur vie était très bien organisée, tout tournait autour des Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer.

Sujet(s) :
enquête
récit de vie
témoignage thématique
chantier naval
activité associative
solidarité
accouchement
baptême de navire
bateau
carrière professionnelle
condition de vie
condition sociale de la femme
cessation d'activité
éducation des enfants
grève
identité collective
inégalité sociale
licenciement
relation de travail
sentiment d'appartenance
syndicalisme
travail des femmes
ouvrier
pauvreté
relation père-enfant
mine
années 1930
années 1970
années 1980
années 2000

Date :
2007-03-10

Format :
mp3
fichier numérique en format compressé
49min

Langue :
français
fre

Couverture :
La-Seyne-sur-Mer
43° 5'40.08''N
5°52'58.30''E

Droits :
Contrat d'utilisation signé entre l'enquêteur et l'informateur spécifiant les droits de conservation, d'archivage et de diffusion mis en oeuvre par l'association Histoire et patrimoine seynois (copie à la phonothèque).
Consultation en ligne et réutilisation sur autorisation

Relation(s) :
Archives sonores autour des femmes et des chantiers de La Seyne-sur-Mer

Type :
archives sonores
sound

Source :
3357

Citation

enquêteur : Gomis, Marcia, informateur : Rinaldi, Lucia, et commanditaire : Histoire et patrimoine seynois, “Témoignage de l'épouse d'un ouvrier des Forges et chantiers navals de La Seyne-sur-Mer d'origine italienne née dans les années 1930, au sujet de leur arrivée à La Seyne-sur-Mer, leur condition d'ouvriers et l'activité aux Chantiers navals,” Portail du patrimoine oral, consulté le 8 décembre 2022, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/116840.