Gabriel Audisio, professeur des Universités émérite, spécialiste d’histoire religieuse et culturelle, du XVI e siècle, communique sa passion pour la transmission et, pour la diffusion de la recherche à travers l’évocation des deux programmes qu’il anima entre 1998 et 2004

Auteur(s) :
enquêteur : Foa, Jérémie
informateur : Audisio Gabriel

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=12053
mmsh12053

Type :
archives sonores
Sound

Description :
Gabriel Audisio débute l’entretien en évoquant les historiens qui ont marqué son parcours. Lucien Febvre et Marc Bloch ont fait naître chez lui ce goût de la transmission en adoptant la démarche qui consiste à donner ses résultats tout en permettant aux lecteurs de suivre la recherche. Ils lui ont également donné cette disposition pour l’histoire religieuse. Des lectures, telle la thèse sur la religion de Rabelais de Lucien Febvre ou, son recueil d’articles Au cœur du religieux du XVI e siècle, lui ont permis de constater combien la société ancienne se comprend par le religieux qui pénétrait tous les domaines de la vie à cette époque. Il a ainsi pu remarquer le vide historiographique existant entre le XV e et les XVI e siècles et lancer ses recherches dans cette direction. D’après lui, c’est ce qui a conduit Philippe Joutard à le contacter, puisqu’aucun seizièmiste n’était présent à l’Université de Provence. En 1994, il lance le programme de recherches Religion et identité sous le double parrainage de Michel Vovelle et de Philippe Joutard. Il constitue un groupe pluridisciplinaire associant en autres des historiens de l’art. La problématique de ce programme porte sur le conflit entre religion et identité ainsi que les facteurs expliquant la victoire de l’un ou l’autre. Ce choix correspond d’une part à l’observation faite lors de sa thèse sur les vaudois de la difficulté qu’on les personnes à combiner leur foi, constitutive de leur identité, à son extériorisation qui peut être source de conflit et d’autre part, par le constat actuel d’un œcuménisme peu pratiqué. Les méthodes de travail du groupe comportent des réunions mensuelles et la rédaction de comptes-rendus. Pour Gabriel Audisio la rédaction de comptes-rendus est l’une des clefs de voûte du travail, il permet d’exprimer les idées, de les confronter, de critiquer, de créer des débats indispensables au sein de la recherche. Le programme est ponctué de colloques, temps forts des recherches. En 1988, un premier colloque s’ouvre pour la première fois à Aix-en-Provence et se place sous l’égide universitaire. Cette nouveauté fut un gain d’indépendance et de liberté pour Gabriel Audisio. Dix ans plus tard, en 1998, s’achève ce premier programme par un nouveau colloque international à Aix-en-Provence, il reprend de façon internationale la thématique du vaudois et inscrit ce thème dans l’actualité. En héritier de Marc Bloch, mais aussi de Philippe Joutard, Gabriel Audisio fait siennes les prises de position de ses prédécesseurs sur le rôle et le travail de l’historien. Celui-ci doit ressentir de l’empathie pour le sujet qu’il traite tout en se gardant du «péché irrémédiable» de l’anachronisme. La problématique du deuxième programme évolue vers Religion et pouvoir. Les recherches entre 1998 et 2004 se composent de journées d’étude et se terminent par un colloque portant sur Inquisition et Pouvoir. Ces programmes auront permis de tisser des liens avec d’autres laboratoires et Gabriel Audisio se félicite du travail pluridisciplinaire accompli durant ces années. Son attachement à la participation de différentes disciplines n’est pas récent puisque dès ses années d’enseignement dans le secondaire, il dit avoir œuvré pour cette méthode de travail. Il conclut son entretien par des conseils en direction des chercheurs et des étudiants. Tout d’abord, il exhorte les chercheurs à créer des soutenances collectives comme dans les sciences dures car le système souffre selon lui de trop d’individualisme. Enfin, il conseille également aux jeunes chercheurs de lancer des recherches sur les actes notariés car ces fonds qualifiés de remarquables sont sous-exploités.

Sujet(s) :
enquête
témoignage thématique
pluridisciplinarité
religion
vaudois
pouvoir
identité religieuse
agrégation
thèse d'Etat
historien
histoire
parcours d'historien
Joutard, Philippe (1935-....)
Febvre, Lucien
Bloch, Marc
Vovelle, Michel
Cousin, Bernard
Christin, Olivier
Ginzburg, Carlo
TELEMME
Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme
Agora
Institut Européen Séguier

Date :
2014-02-26

Format :
1 fichier numérique (formats WAV et MP3), wave 44.1 kHz, 16 bits
1h 02 min

Langue :
français
fre

Couverture :
Aix-en-Provence

Droits :
Contrats d’autorisation de consultation et de diffusion ont été signés avec l'informateur et l’enquêteur le 26-02-2014
Consultation en ligne et réutilisation sur autorisation

Relation(s) :
Une histoire du laboratoire TELEMME (1994-2004) : essai d’ego-histoire collective

Type :
archives sonores
Sound

Source :
4807

Citation

enquêteur : Foa, Jérémie et informateur : Audisio Gabriel, “Gabriel Audisio, professeur des Universités émérite, spécialiste d’histoire religieuse et culturelle, du XVI e siècle, communique sa passion pour la transmission et, pour la diffusion de la recherche à travers l’évocation des deux programmes qu’il anima entre 1998 et 2004,” Portail du patrimoine oral, consulté le 20 mai 2022, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/120752.