Témoignage d'un ancien chef d'équipe en poste de 1976 à 1987 à l'entreprise Kuhlmann à Marseille, à propos de la sécurité au travail et de son désir de transmission des savoir-faire

Auteur(s) :
commanditaire : AD 13
auteur personne morale : Paroles Vives
enquêteur : Maniaval, Elodie
informateur : Spinelli, Gilbert

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=12082
mmsh12082

Type :
archives sonores
Sound

Description :
L'informateur est âgé de 64 ans, il est né à Marseille et habite l'Estaque, un quartier qui lui est cher. Il intègre l'usine Kuhlmann en 1976 en travaillant tout d'abord au sein de l'atelier expérimental mis en place par Pechiney ; le personnel de Kuhlmann avait alors la tâche de s'en occuper. L'année suivante, il signe son CDI et accède au poste de préparateur/technicien conducteur de travaux, au bureau technique (1 min). L'informateur développe son parcours scolaire et explique son évolution de carrière. Il parle tout d'abord de son premier travail à Kuhlmann en tant qu'agent de maîtrise et renseigne alors sur la mise en œuvre d'un procédé nouveau qui visait à extraire l'alumine du schiste et du kaolin avec de l'acide. Il témoigne de l'apprentissage qu'il a reçu par la transmission des savoir-faire des anciens et du lien privilégié qu'il avait avec son chef, qu'il remplaça à son départ à la retraite en 1977 (5 min). Il explique l'importance qu'il donne à connaître l'ensemble des postes de l'usine pour mieux comprendre son travail et développer une faculté manuelle, chose qui n'a pas été encouragée par l'automatisation des machines. Il raconte les améliorations qu'il a mis en place pour rendre plus performants certains postes de travail, notamment remplacer la tâche de taper à la masse des condenseurs (14 min). L'informateur détaille ensuite les différents produits chimiques qui étaient fabriqués à l'usine, les deux principales familles étant le chlore et le souffre. Il décrit les risques inhérents à ce métier et parle de la sécurité comme un élément primordial dans toute sa carrière (20 min). Il détaille son expérience en tant que responsable du bureau d'étude et explique quelles étaient ses tâches. Par la suite, de 1982 à 1987, il dirige tous les ateliers de maintenance (mécanique, chaudronnerie, tuyauterie, traçage) et les magasins, ce qui représente 80 personnes. Il revient alors sur son évolution de carrière professionnelle, qu'il doit en grande partie à l'amour qu'il porte à son travail (25 min). La valeur du travail est capitale pour lui et il explique que gravir les échelons lui a permis de développer son rôle de facilitateur, c'est-à-dire de permettre à chacun de mettre à profit ses compétences (30 min). L'informateur aborde ensuite son engagement syndical en tant que cadre et les actions qu'il a menées au sein du CHSCT. Au moment où il est devenu représentant syndical des cadres de l'usine, sa fermeture venait d'être annoncée. Son rôle a alors été de faire en sorte que cela se passe avec le moins de difficultés possibles dans l'intérêt du personnel. Il raconte une anecdote où les cadres ont fait une demi-journée de grève, ce qui n'était jamais arrivé auparavant (44 min). L'informateur parle des raisons de la fermeture de l'usine : s'il est question de sécurité pour la ville de Marseille, le plan de restructuration de la chimie qui a débuté dans les années 80 est aussi un autre facteur. Il évoque le groupe PUK, Pechiney-Ugine-Kuhlmann, dont l'usine faisait partie et dresse un historique rapide (49 min). L'entretien s'oriente ensuite sur son reclassement à l'usine de Lavéra où l'unité de chlorométhane de Kuhlmann a été reconstituée. Il participe l'année d'après à la création du service mesure de vibrations, une expérience nouvelle pour lui (52 min). L'informateur évoque le plaisir continu qu'il a eu à travailler dans la technique et à conduire des hommes, tout au fil de sa carrière (59 min). Il développe ensuite les évolutions qu'il a pu observer dans son métier, autant au niveau des matériaux que de la manière de manager. Il aborde les relations intergénérationnelles et témoigne de son désir de transmission qui l'a animé durant toute sa carrière. Il raconte alors comment il menait sa mission de maître de stage (1 h 02 min). L'entretien s'oriente ensuite sur les conditions de travail, l'informateur témoigne des évolutions qu'il a connues grâce notamment au CHSCT, dont il faisait partie. Il aborde les horaires de travail particuliers, la nuit, le dimanche (1 h 13 min). Il s'exprime ensuite sur les événements qui l'ont marqué, dont les accidents du travail, et parle des risques liés à l'usine de l'Estaque : le stockage du chlore, l'amiante. À l'inverse, il explique les mesures de sécurité qui étaient mises en place dans l'usine de Lavéra et relate le combat qui s'est monté contre l'amiante (1 h 25 min). Comme fait marquant, il parle aussi des arrêts et démarrages des unités qui avaient lieu une fois dans l'année à l'usine de l'Estaque, dans le but de nettoyer les machines. Le défi était que les démarrages réussissent du premier coup (1 h 44 min). L'informateur décrit ensuite les rapports qu'il entretenait avec les différentes directions qu'il a connues, tant à Naphtachimie à Lavéra que chez Kuhlmann à l'Estaque. Il les qualifie alors d'amicaux et salue le travail humain du directeur qui a été en charge de fermer l'usine de l'Estaque (1 h 47 min/1 h 17 min). Le lien entre l'usine et le quartier est abordé et il explique que 95 % du personnel de l'usine vivait à l'Estaque. Il raconte aussi qu'il y avait eu un travail de sensibilisation pour rassurer les habitants vis-à-vis de cette usine à risque, même si elle était vue avant tout comme un moyen de faire vivre les familles du quartier. Il évoque ensuite les liens existants avec les autres entreprises du quartier, notamment Métaleurope, avec qui il échangeait autour des matériaux haute température (1 h 53 min). Il renseigne aussi sur les logements qu'avait mis en place l'entreprise pour son personnel. Si lui n'a pas connu cette époque-là, il a assisté à la vente progressive de ces logements aux résidents de l'Estaque. Il parle de la politique sociale qu'il a connue, en insistant sur le service médical et évoque également le rôle du CE pour les familles ainsi que la réputation de l'équipe de football de Kuhlmann (1 h 58 min). Il raconte comment a été perçue la fermeture du site par les habitants de l'Estaque et parle de l'affection qu'il porte envers cette usine qui l'a fait vivre et qui l'a influencé toute sa carrière (2 h 05 min). Enfin, l'informateur témoigne de l'embauche familiale qui se pratiquait couramment dans l'entreprise et en donne son avis (2 h 11 min).

Sujet(s) :
enquête
témoignage thématique
cessation d'activité
entreprise en difficulté
évolution du métier
condition de travail
relation maître-serviteur
relation de travail
apprentissage
transmission d'un savoir
carrière professionnelle
travail en usine
attachement au travail
sécurité au travail
accident du travail
solidarité ouvrière
comité d'entreprise
embauche familiale
chimie
années 1970
années 1980

Date :
2015-11-04

Format :
1 carte SD, 44khz/16bits
2h 13min

Langue :
français
fre

Couverture :
Marseille

Droits :
Signature d'un contrat avec l'informateur et d'une convention entre les AD13, Paroles Vives, et la MMSH spécifiant les droits d'utilisation pour tous les partis.
Document en ligne et réutilisation non commerciale autorisée

Relation(s) :
Une histoire sociale du territoire à travers les mémoires orales des industries à Marseille

Type :
archives sonores
Sound

Source :
5147

Citation

commanditaire : AD 13 et al., “Témoignage d'un ancien chef d'équipe en poste de 1976 à 1987 à l'entreprise Kuhlmann à Marseille, à propos de la sécurité au travail et de son désir de transmission des savoir-faire,” Portail du patrimoine oral, consulté le 1 avril 2020, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/120006.