Un artisan facteur de contrebasses retrace sa carrière à Mirecourt et blâme l’élitisme de certains luthiers

Auteur(s) :
enquêteur : Claudot-Hawad, Hélène
photogr. : Lesaing, Bernard
informateur : Baumann, Robert (1907-1986)
informateur : Baumann, Geneviève (1905- vers 1990)

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=9817
mmsh9817

Type :
archives sonores
sound

Description :
Hélène Claudot-Hawad, ethnologue et descendante d’une famille de luthiers, a mené plusieurs entretiens sur ce métier entre 1981 et 1993. En 1982, elle s’est rendue dans leur ville d’origine et capitale de la lutherie, Mirecourt, et elle y a rencontré des anciens du métier, ainsi que leurs proches. Robert Baumann a évolué dans un milieu professionnel impliqué dans le domaine de la lutherie (son frère, sa femme). Le monde ouvrier à Mirecourt avait le choix entre la lutherie ou la Cotonnière (fabrique de textile). La stature imposante de R. Baumann l’amène à se spécialiser dans les contrebasses et violoncelles. Il reproche beaucoup aux anciens du métier leur prétention et leur élitisme. Il raconte comment, venant d’un autre milieu, il a subi du dédain dès son apprentissage (débuté à treize ans) et un manque de reconnaissance tout au long de sa carrière (il a travaillé jusqu’à l’âge de soixante-sept ans). Il dit n’avoir jamais aimé la mentalité de cette profession et a d’ailleurs voulu la quitter pour le syndicat agricole. Au retour d’une absence de trois ans pendant la guerre de 1939-1945, Robert Baumann quitte la Maison Thibouville et installe son atelier à domicile. Il était très demandé car il était un des seuls fabricants de contrebasses. Il les réalisait toutes de manière anonyme, elles étaient ensuite signées par les Maisons. En tout, il dit avoir fabriqué plusieurs centaines de contrebasses ; n’ayant pu, pour des nécessités économiques, se cantonner à l’instrument “à la main”, il a dû accepter la fabrication d’instruments plus ordinaires, c’est-à-dire moulés. Comme beaucoup de luthiers, pendant son temps libre, il cultivait son jardin ou celui des autres, ce qui permettait de nourrir sa femme et ses trois enfants. Madame Baumann a également suivi un apprentissage dès l’âge de treize ans, spécialisée dans le finissage des archets manufacturés, dont elle décrit ici la technique. Il fallait en traiter une douzaine par jour pour pouvoir survivre. Après le polissage, elle faisait la mortaise, posait la mèche et le recouvrement en nacre de l’archet. Il y avait beaucoup de femmes regroupées en “chantiers” dans ces ateliers. Elle a travaillé de 1919 à 1939 puis de 1945 à 1948. Autour de 1927, la profession connaît une crise : elle passe alors au montage des moules de violons, tandis que Robert Baumann est envoyé à la scierie. Tous deux soulignent la dureté du travail à cette époque et le peu de rémunération des ouvriers qui vivaient dans la misère. La lutherie jusqu'à son déclin (dès 1929) employait beaucoup de gens, permanents ou intérimaires, comme les paysans qui taillaient le bois en hiver. Certains se faisaient payer à l’avance pour des travaux qu’ils n’avaient pas encore commencés : on appelait cela “faire des chiens”. Robert Baumann évoque la fête de la Sainte-Cécile, patronne des luthiers, que l’on honorait de manière variée à Mirecourt.

Sujet(s) :
enquête
témoignage thématique
récit de vie
luthier
lutherie
apprentissage
jardin ouvrier
élite
communauté ouvrière
transmission d'un savoir
relation de travail
travail des enfants
travail des femmes
syndicalisme
scierie
entreprise en difficulté
travail en usine
travail à domicile
archet
dureté du travail
fête de métier
dentelle
finition
garnissage
polissage
Aubry, Joseph (1873-1937)
Serdet, Paul-Henri (1905-1983)
Claudot, Pierre, dit le Pézot (1906-1996)
Hilaire, Paul (1906-1967)
Claudot, Albert (1899-1980)
Jeandel, Louis (1895-1984)
Bailly, Charles (1879-1957)
Cognier, Jean-Philippe (1955- )
Pagès, Jean-Jacques (1947- )
Terrier, Roland (1956- )
Sofraluth
Guinot, Eugène dit Le Génène (1905-1991)
Enel, Pierre dit Le-Pointu (1903-1984)
Eulry, Jean (1907-1986)
Claudot, Pierre (1942-1985)
guerre de 1939-1945

Date :
1982-06

Format :
1 cass.
1h 10min

Langue :
français
fre

Couverture :
Mirecourt
48°18'7.83"N
6° 8'1.91"E

Droits :
Un contrat de dépôt a été signé entre l’enquêtrice et la MMSH spécifiant les droits de conservation, d'archivage et de diffusion. Pour des raisons éthiques et juridiques une partie des échanges a été retranchée du fichier en ligne. La consultation de l'enquête dans son intégrité se fait sur place, à la phonothèque de la MMSH (Aix-en-Provence), sur demande motivée.
Extrait en ligne et réutilisation non commerciale autorisée
Consultation en ligne et réutilisation sur autorisation

Relation(s) :
Enquête ethnologique sur les luthiers de Mirecourt (Lorraine)

Type :
archives sonores
sound

Source :
3492

Citation

enquêteur : Claudot-Hawad, Hélène et al., “Un artisan facteur de contrebasses retrace sa carrière à Mirecourt et blâme l’élitisme de certains luthiers,” Portail du patrimoine oral, consulté le 12 août 2020, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/116743.