Témoignage du directeur de la tuilerie Monier à Marseille en poste depuis 2013, à propos du redressement de l'entreprise

Auteur(s) :
commanditaire : AD 13
auteur personne morale : Paroles Vives
enquêteur : Maniaval, Elodie
informateur : Oms, Thierry

Editeur :
Phonothèque de la maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Contributeur :
Maison méditerranéenne des sciences de l'homme

Notice originale :
http://phonotheque.mmsh.huma-num.fr/dyn/portal/index.seam?page=alo&aloId=12094
mmsh12094

Type :
archives sonores
Sound

Description :
L'informateur, âgé de 42 ans et né à Dijon, occupe le poste de directeur de l'usine Monier depuis 2013. Il commence par parler de ses études d'ingénieur à Marseille et explique qu'il a commencé sa carrière au sein du groupe Saint-Gobain dans le vitrage, en travaillant en France et à l'étranger. Il décrit alors ses différentes expériences professionnelles avant d'arriver à l'usine de l'Estaque (1 min). Il évoque ensuite le contexte de l'usine Monier, à son arrivée, alors en plein redressement. L'informateur explique qu'un des principaux challenges a été de redonner une confiance en l'avenir et remobiliser les équipes au quotidien sur le terrain. Partager la stratégie d'entreprise a alors été un moyen de motiver les employés (3 min). Il parle d'un apprentissage de tous les jours pour manager des équipes, la méthode est la même mais la mise en œuvre est spécifique à chaque personne. Il revient sur sa formation initiale dans le vitrage et raconte comment il a connu l'argile. Ce qui lui plaît dans cette matière vivante est le fait de devoir adapter en permanence le process puisque le produit varie (8 min, 26 min). Il évoque ensuite les différents directeurs qui se sont succédés avant lui et du plan de redressement en 3 ans, de 2013 à 2016, qui a été élaboré. Maintenant que la pérennité est assurée, il y a un plan de reconquête sur 2 ans avec notamment des projets de lancement de nouveaux produits (11 min). L'informateur aborde alors la commercialisation des produits. En France, le secteur s'étend sur tout le sud-est, de Nice à Perpignan, jusqu'à Lyon. À l'export, il existe un marché avec la Corée où les tuiles Monier sont perçues comme un savoir-faire français particulier (14 min). L'informateur renseigne sur le passé de l'usine, notamment lorsqu'en 1986 la carrière du bassin de Séon a été épuisée et a donc été remplacée par celle de Puyloubier. Il explique que la spécialité de Monier est la tuile à fort galbe : la romane, l'abeille, la galleane. Aujourd'hui, 13 millions de tuiles sont produites en un an (15 min). L'informateur parle des études de marché qui sont menées pour analyser la concurrence et trouver des moyens de s'améliorer et de s'adapter au contexte actuel (19min). Il évoque la manière de promouvoir les tuiles au niveau local, notamment en ouvrant la société vers l'extérieur, faire des liens avec les designers, artistes, architectes (21 min). Il évoque ensuite l'évolution de la technicité, les changements de design du produit pour permettre une meilleure performance. Un centre technique en Allemagne conçoit des nouvelles tuiles et fait des essais. Il donne pour exemple la simulation de tempête avec un wind tunnel qui a été mis au point pour tester la solidité des tuiles. Cet investissement a été permis en partie lorsqu'en 2008, Monier sort de Lafarge couverture, qui se sépare de sa partie terre cuite (23 min). L'informateur informe que Monier France emploie 700 personnes, dont 64 à Marseille avec 40 employés en production et 3 cadres (26 min). Il atteste ensuite de l'attachement qu'ont les employés envers l'usine, ce qui a été une force lors de son redressement. Il raconte d'ailleurs que les employés lui parlent souvent du passé. Il aborde les conflits qu'a connus l'entreprise et parle de la forte implication syndicale, particulière à Marseille. Cinq syndicats existent dans l'entreprise et presque tout le monde est syndiqué hormis les cadres (30 min). Pour terminer, il témoigne d'un fait marquant qu'il a connu depuis qu'il est directeur de l'usine. Lorsque le toit du four s'est effondré, tous les employés se sont mis à travailler ensemble pour remettre le four d'aplomb en 3 jours (34 min). Cette anecdote l'amène à parler du système d'astreinte qui fait partie de son métier, du devoir d'être disponible. Pour lui, la principale difficulté dans son travail est de décider vite et bien, ce qui lui demande d'être bien entouré. Il existe d'ailleurs des comités organisationnels tous les 3 mois qui regroupent les directeurs des sites Monier, dans le but de leur faire partager leurs expériences (37 min).

Sujet(s) :
enquête
témoignage thématique
carrière professionnelle
grève
conflit social
stratégie de l'entreprise
entreprise en difficulté
croissance de l'entreprise
coopération professionnelle
tuile
tuilerie
transmission d'entreprise
relation maître-serviteur
attachement au travail
années 2010
années 1980

Date :
2015-12-01

Format :
1 carte SD, 44khz/16bits
40min

Langue :
français
fre

Couverture :
Marseille

Droits :
Signature d'un contrat avec l'informateur et d'une convention entre les AD13, Paroles Vives, et la MMSH spécifiant les droits d'utilisation pour tous les partis.
Document en ligne et réutilisation non commerciale autorisée

Relation(s) :
Une histoire sociale du territoire à travers les mémoires orales des industries à Marseille

Type :
archives sonores
Sound

Source :
5158

Citation

commanditaire : AD 13 et al., “Témoignage du directeur de la tuilerie Monier à Marseille en poste depuis 2013, à propos du redressement de l'entreprise,” Portail du patrimoine oral, consulté le 23 janvier 2020, http://stq4s52k.es-02.live-paas.net/items/show/119979.